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05.09.2007

La Terre va tourner, ovale.

48 heures. L'excitation monte, l'impatience atteint son point culminant. Dans 48 heures, débute la sixième Coupe du Monde de Rugby.


Si la Vie n'est qu'un court songe évanescent, tissé plus souvent de cauchemars que de doux rêves, les petites bulles de bonheur que l'Homme s'y crée de loin en loin possèdent le parfum des plus belles roses. Si le premier baiser échangé avec l'être dont on rêve depuis des nuits ou la naissance d'un enfant sont à coup sûr des moments inoubliables et inégalables, il existe d'autres plaisirs immédiats qui savent nous faire oublier la grisaille du quotidien et notre triste destin. N'en déplaise aux – nombreux – rabat-joie, les grandes compétitions sportives en font partie. Jeux Olympiques, Coupe du Monde de Football et, donc, de Rugby. Leur espacement dans le temps, tous les quatre ans, les rend d'autant plus précieuses et attendues. Bien sûr, il ne s'agit pas d'ignorer les éléments qui peuvent éventuellement y être attachés (dopage, violence, tricherie, business). Refuser de voir ces aspects sombres serait aussi stupide et condamnable que de vouloir les systématiser. Au-delà des enthousiasmes patriotiques, voire nationalistes et que bien des pouvoirs politiques ont su utiliser à leurs propres fins, existent à ces occasions une vraie fraternité des peuples qu'il serait vain de nier. Et lorsque la fête tourne à l'aigre (Mondial 78 en Argentine de la dictature, J.O. de Mexico en 68, quinze jours après l'assassinat par l'armée de centaines d'étudiants, J.O. de Moscou en 80 et Los Angeles en 84, gâchés par les boycotts "guerre froide" des Occidentaux puis de l'Urss et de ses alliés) ou plus encore au pur drame (J.O. de Munich 72, d'Atlanta 96), le responsable n'est jamais le sport en lui-même mais bien les pouvoirs ou puissances politiques qui le prennent en otage. Il en va de même avec ces imbéciles de hooligans, tels que ceux qui s'en prirent gravement à un gendarme à Lens lors du mondial de foot 98. Les hooligans ne sont PAS le football, comme le dopage n'est PAS le cyclisme.


Le sport est donc une fête et doit le rester, même si c'est de plus en plus difficile à l'heure où les idoles chutent les unes après les autres pour les raisons évoquées plus haut. L'athlétisme et le cyclisme sont les plus touchés mais rien ne dit que football et rugby soient aussi "propres" que les contrôles anti-dopages veulent bien nous le dire, match après match. Bien sûr, on a maintenant tendance à se méfier de tout et de tous, à commencer de ceux qui gagnent, surtout s'ils ne sont pas français !


Quoi qu'il en soit, dans 48 heures, la France commencera à vivre – du moins je l'espère comme tant d'autres – un climat de fête qui durera six semaines, jusqu'à la finale du 20 octobre. Pour peu que la France soit sacrée championne du monde pour la première fois de son histoire, cette fête pourrait jouer les prolongations comme en 98. Et comme en 98 on ne la boudera pas mais sans oublier les réalités, le quotidien de millions d'entre nous, de tous ceux qui vivent dans la rue et/ou qui se cachent pour éviter les contrôles et les expulsions, la réalité d'une politique qui se met chaque jour plus en place, des conflits sanglants en cours ou promis à venir, charriant leur cortège ininterrompu de victimes. Pour tous ceux là, la fête n'existera pas. Il sera bon de s'en souvenir. Sans jouer aux hypocrites. Sans bouder pour autant notre plaisir. L'homme est volontiers schizophrène, rarement un saint, et être ultra-conscient de la famine dans le monde n'a jamais empêché aucun d'entre nous de faire de temps en temps de bons repas, n'est-ce pas ?  Cynique ? Non, simplement lucide et sincère.


Pour tous ceux qui n'entravent rien au Rugby, je conseille un site où ils trouveront tous les renseignements sur les règles du jeu expliquées de manière parfaitement limpide et en vidéo. S'ils préfèrent une version écrite, allez jeter un oeil sur l'excellent blog Journal d'un avocat.


Je reviendrai bien sûr dans mes prochains posts sur cette Coupe du Monde ainsi que sur mes meilleurs souvenirs de Rugby. En attendant, admirez cet essai marqué par mon idole de jeunesse – et modèle pour le demi de mêlée que j'étais -, l'immense joueur gallois Gareth Edwards (numéro 9), ici avec les Barbarians (maillots rayés) face aux mythiques All Blacks néo-zélandais. Les nostalgiques y reconnaîtront aussi d'autres grands joueurs gallois de l'époque, Phil Bennett (numéro 10) et J.P.R. Williams, le fabuleux arrière (numéro 15).

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