09.09.2007

Foot : des Bleus al dente


Faudra vous y faire, ce blog sera très sportif pendant quelques semaines, ça a déjà commencé. Mais l'actualité reste sous surveillance étroite et le cinéma gardera toute sa part.

Ce samedi soir donc, place à l'épisode 3 des rencontres franco-italiennes autour d'un ballon rond. Après le 1 (Brutti, sporchi, cattivi / Affreux, sales et méchants), le 12 juillet 2006 en finale du Mondial, puis l'épisode 2  (L'Ultimo Tango a Pariggi / Dernier tango à Paris) en match aller de ces éliminatoires, venait logiquement le 3 au stade San Siro, officiellement Giuseppe Meazza.
Du côté des Bleus français – qui jouaient en blanc – on espérait Miracolo a Milano (Miracle à Milan), tout en redoutant un Riso amaro (Riz amer). D'autant que les Français avaient fait tout leur possible pour rendre – stupidement - l'atmosphère irrespirable. Provocations verbales répétées du spécialiste en chef Raymond Domenech qui lui valurent une suspension et d'aller voir le match du haut des tribunes comme un vulgaire supporter, mais aussi de certains joueurs (Abidal, Lassana Diarra, Toulalan). En gros, les joueurs italiens sont tous de gros tricheurs et de vils provocateurs.
Dans ces conditions, il ne fallait pas s'étonner de voir les 75000 spectateurs du stade (plus 5000 courageux Français) être chauffés à blanc avant même le coup d'envoi. Bel hommage à Pavarotti – comment aurait-il pu en être autrement à Milan ? – vite gâché par l'attitude du public qui couvrit de sifflets une Marseillaise devenue inaudible. Rappelons qu'au match aller le public parisien – pourtant loin d'être un modèle – avait parfaitement respecté l'hymne italien. Bref, on craignait le pire.
Hé bien non ! Certes, le match fut très engagé physiquement – on dit "viril", en langage footbalistique – mais sans aucune brutalité volontaire ni mauvais coup. On vit au contraire souvent les joueurs se sourire après un contact rugueux, la palme revenant aux maintes accolades entre le taureau milanais Gennaro Gattuso – joueur du Milan A.C., il jouait dans son stade – et l'ancien lyonnais Florent Malouda. Ceux là n'arrêtaient pas de se tacler puis de s'embrasser en riant comme des bossus. On ne s'en plaindra pas.

Le match ? A la limite du soporifique en première mi-temps, chacun replié chez soi et jouant à deux à l'heure. Nettement plus vif après la pause, les Italiens se devant de faire quelque chose devant leur public et après leur défaite à l'aller. Les Français tinrent parfaitement le choc grâce à un bloc défensif de premier ordre. En fait, les Tricolores de chez nous ont joué à l'italienne, sachant ramener à la maison un 0-0 des familles.
Ça commence à faire un bon moment que les Azzuri n'ont plus battu les Français dans le jeu, hors tirs au but. Plus de 20 ans, facile.
Les Bleus ont prouvé qu'ils pouvaient ne pas perdre même sans leur porte-bonheur Gallas, absent pour blessure. Landreau n'a toujours pas encaissé de buts en 6 sélections et s'est montré très rassurant pour son premier gros test international. Lassana Diarra, la grande surprise du chef en latéral droit, a été tout simplement remarquable, comme le vieux Thuram, le déjà expérimenté Abidal ou le toujours surprenant et si sobre Escudé. A la récupération, les ancêtres Vieira et Makélélé, malgré leur manque quasi total de compétition dans les jambes, ont été parfaits. Ribéry et Malouda ont rendu une copie "pas mal mais peuvent mieux faire, mais vu le contexte c'est quand même pas mal". Anelka nous a gratifié de quelques beaux gestes techniques. Par contre, Titi Henry a été inexistant. Il sera suspendu contre l'Ecosse mais sur sa prestation de ce soir, on ne s'alarmera pas outre mesure. Benzéma ou Trézéquet feront au moins aussi bien l'affaire. En attendant que le néo-Barcelonais retrouve sa forme.

En tout cas, ces Bleus là ont montré aux autres – ceux du Rugby – ce que savoir gérer la pression voulait dire. Ce n'était pas gagné par avance dans un tel contexte. Et là, chapeau. La vita é bella !



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