05.09.2007

CSF : la rentrée !

Et voilà. Cinéma sans Frontières fait sa rentrée - le 14 septembre – au cinéma Mercury.

Un Mercury qui, chacun désormais le sait, a changé de propriétaire, passant des mains de M. Bémon à celles du Conseil Général des Alpes-Maritimes (voir mon post du 31 juillet).

La rentrée de l'association se fera autour de deux films aux accents hispaniques.

Le vendredi 14, LA NUIT DES TOURNESOLS, film espagnol de Jorge Sanchez-Cabezudo, sorti en France fin juillet. Un thriller débouchant sur une réflexion autour du thème de la violence. Comment naît-elle ? Entre Chabrol et Rashomon. Si ça vous étonne, venez le voir, vous comprendrez mieux. Le film a reçu d'excellentes critiques (méritées) et n'est pas sorti à Nice. CSF a demandé au Mercury de le faire venir pour vous.

La semaine suivante, le 21, ce sera BOLIVIA, un film argentin d'Adrian Caetano.  Bien que réalisé en 2001, le film n'est sorti en France que le 11 juillet dernier. Pas à Nice. Donc, comme pour la séance précédente, CSF s'est activé pour vous en faire profiter. Film en noir et blanc, Bolivia conte une histoire simple mais puissante autour des thèmes – liés – de la coexistence, de l'immigration et du racisme.

J'aurai le plaisir de présenter les deux films et d'animer les débats.

Notez déjà qu'en octobre, nous présenterons en 100 % CSF le vendredi 26, LE JARDIN DES FINZI-CONTINI, très grand film de Vittorio de Sica, ressorti en copie neuve.
 
[Nous avions prévu de vous présenter le 26 septembre notre première séance 100% CSF avec Une Nuit à l'Opéra de Sam Wood, avec les Marx Brothers. Hélas, la ratification par le Conseil Général du système de location de salle n'étant pas encore faite -elle interviendra courant octobre - nous somems obligés de reporter cette séance à une date ultérieure].

31.07.2007

Cinéma Mercury

 

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Faisons un point sur la situation du cinéma d'Art et Essai niçois Le Mercury et sur celle de l'association dont j'ai l'honneur d'être l'animateur et programmateur, Cinéma sans Frontières.

Le Mercury, dernier dinosaure d'un passé cinématographique niçois très glorieux (voir les magnifiques rappels de Vincent Jourdan sur un de ses blogs) a été vendu tout récemment au Conseil Général des Alpes-Maritimes après des mois et des mois de négociation. Celle-ci, qui semblait ne jamais devoir finir, fut sans doute nécessaire vu la différence entre la somme votée dans un premier temps par le CG06 pour l'achat (950 000 €) et celui d'arrivée (1 130 000 €).

André et Danielle Bémon, pionniers du cinéma indépendant à Nice et à qui tant d'entre nous doivent une partie de leur cinéphilie dans les années 70 via leurs cinémas Méliès, Rio2000 ou (ancien) Mercury, passent donc la main.

Un Conseil Général propriétaire d'un cinéma ? Oui, ne cherchez pas, il s'agit d'une première nationale. Ceux qui penseront qu'il s'agit là, au delà des déclarations et intentions cinéphiliques, d'un "coup" politique s'intégrant à la guerre Estrosi-Peyrat avec la  Mairie de Nice pour objectif, ne pourront être taxés de mauvais esprit tant cela semble évident. Un joli coup, d'ailleurs, puisque aussi bien la ville de Nice que l'opposition de gauche (et bien entendu les cinéphiles) ne sauraient s'opposer au maintien d'un cinéma d'Art et Essai là où tous craignaient de voir s'installer une halle aux chaussures, une pizzeria ou un marchand de motocycles.

Pas mal de gens ont rêvé de gérer le lieu. Je passe sur les repreneurs indépendants dont on n'a jamais su grand-chose sinon qu'ils ont existé de façon plus ou moins sérieuse. En local, la Mission Cinéma de l'Espace Magnan avait développé un projet en association avec la municipalité. Mais celle-ci, déjà empêtrée dans ses multiples travaux et affaires, du Tramway au Grand Stade en passant par la nouvelle Mairie, sans oublier le déménagement urgent mais toujours repoussé de la Cinémathèque (municipale), finit par déclarer forfait.

De leur côté, les associations cinéphiliques niçoises les plus représentatives, qui s'étaient déjà regroupées en un collectif dénommé CINEAC[1], décidèrent de rédiger un projet de gestion associative du lieu qu'elles soumirent au CG06 dès que celui-ci annonça son intérêt pour la reprise du lieu. D'autant que tous les propos des divers responsables départementaux ne cessaient de souligner la volonté du Conseil de travailler en très étroite collaboration avec le milieu associatif.

Le projet fut donc soumis et accueilli avec beaucoup d'intérêt par le directeur de la culture, M. Didier Rochette, lors d'une rencontre en janvier 2006 et malgré le refus du CG de confier la gestion à une ou des associations.

Suivit un long, très long, insupportablement long silence de plus d'un an pendant lequel Mercury et CG06 discutèrent gros sous.

Pendant ce temps, chaque association poursuivit ses activités, dont Cinéma sans Frontières, basée de façon permanente et régulière au Mercury (3 à 4 séances-débats par mois plus un Festival annuel).

Enfin, en mars de cette année, arrivait la confirmation : le Mercury était bel et bien racheté par le CG06.

Le Mercury restera donc un cinéma. Et d'Art et Essai. Tant mieux !

Restait à savoir ce que cela pouvait "cacher" derrière le label et le sort réservé à CSF. C'est pour le savoir que l'association  (5 ans d'existence au Mercury, plus de 180 séances-débats, 5 festivals plus 3 en collaboration) est allé rencontrer au CG06 Pascal Gaymard, appelé à devenir le nouveau responsable du lieu. Celui-ci s'est engagé à ce que CSF y poursuive ses activités dans les mêmes conditions que précédemment et au même rythme. Il a demandé qu'une Convention soit passée entre l'association et le CG.

Nous avons donc rédigé un projet de convention très détaillée que nous avons adressé la semaine dernière à M. Gaymard.

Le nouveau responsable du Mercury a aussi rencontré les cinéphiles niçois (dont ceux de CSF à nouveau) lors d'une séance de nos amis du Café-Ciné, le 2 juillet.

A CSF, nous nous réjouissons de la sauvegarde du Mercury et du fait que nous puissions y poursuivre notre travail. Nous attendons d'œuvrer dans des conditions matérielles améliorées (le Mercury actuel souffre de grande vétusté, véritable repoussoir pour beaucoup de gens) et au sein de relations humaines de travail à la hauteur de ce qu'elles étaient avec M. Bémon, à savoir très amicales et reposant sur une grande estime et confiance réciproques.

Nous espérons d'autre part, comme tous les cinéphiles niçois, que la programmation "Mercury" (pas celle particulière à CSF) sera belle et bien audacieuse, pointue sans être élitiste, ouverte au monde entier et accueillante envers toutes les autres associations cinéphiliques niçoises dont on ne cessera jamais assez de souligner le remarquable travail.

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[1] CINEAC : Collectif Interurbain pour une nouvelle Expansion des Activités Cinématographiques. Fondé en janvier 2004, il se donnait pour objectifs de favoriser et de dynamiser le travail de chacun de ses membres en mutualisant l’information et les moyens techniques, d'une part, l’étude, la recherche, l'élaboration et l'application d’un projet de création et/ou de gestion d’une salle de cinéma labellisée  “Cinéma d'Art et Essai et de Recherche”  à Nice, de l'autre. Associations fondatrices : AdN, Cinéma sans Frontières, Espace de Communication Lusophone, Héliotrope, Lo Peohl Cinéma, Regard Indépendant, Sous l'Olivier... exactement.

Le projet du CINEAC peut être consulté et/ou télécharger ici