08.09.2007
Naufrage à Saint-Denis
La soirée avait très mal commencé avec la plus nullisssime des cérémonies d'ouvertures vues depuis des décennies, tous sports confondus. Un raté mémorable dont je ne prendrai même pas la peine de parler davantage. Elle s'est poursuivie avec un match catastrophique d'une équipe de France se faisant museler par une Argentine au jeu désespérément négatif mais parfaitement huilé.
Jamais les Français n'ont pu faire illusion. Incapable de varier leur jeu, tétanisés peut-être par l'enjeu, mettant plus d'une mi-temps à comprendre que le salut ne pouvait que passer par le jeu au large, ils ont bien devantage perdu le match que les Argentins ne l'ont gagné. Ce qui avait été un défaut récurrent lors des matches de préparation, à savoir les ballons tombés et trop vite perdus, s'est systématisé. Mais, surtout, on aura de quoi se poser beaucoup de questions sur ce jeu stéréotypé, prévisible, sans imagination. L'ancien joueur et sélectionneur Pierre Villepreux, véritable théoricien du rugby, déplorait avec justesse cette semaine dans Libération cette obssession qu'ont aujourd'hui toutes les équipes - dont la France - à jouer au sol. On prend le ballon, on fait un ou deux mètres et on se couche. C'est soporifique et tue l'esprit du jeu et même tout simplement le jeu. Les Argentins, qui ont décliné leur partition exactement comme attendu, au bémol près, n'attendaient que ça. Ils pouvaient ainsi pourrir le match. Ils ne s'en sont pas privés, comment le leur reprocher vu le résultat final à leur avantage ?
Si les Français ont été totalement décevants - la manière est beaucoup plus inquiétante que la simple défaite -, que dire sur les Argentins ? Bravo à eux car ils ont appliqué et tenu leur plan à la lettre et gagné. Mais dieu que leur rugby est triste ! Ils n'ont pensé qu'à maintenir les Français dans leur camp en monopolisant la balle au sol, à les faire déjouer et à taper des chandelles. Hernandez, leur demi d'ouverture ,que les médias ne cessaient d'annoncer comme un magicien, un génie, l'un des meilleurs joueurs du monde, n'aura rien montré si ce n'est ces fichus chandelles. Mais il a gagné et seule la victoire est belle.
Cette défaite met l'équipe de France dans une situation très délicate. Elle se trouve maintenant le dos au mur, dans l'obligation absolue de battre la redoutable Irlande le 21 septembre. Tout autre résultat l'éliminerait dès le premier tour, catastrophe unique à ce niveau. On n'ose imaginer le tremblement de terre qui suivrait dans la sphère de l'ovalie nationale. Mais la victoire ne suffira pas. Il faudra espérer que les hommes au trèfle battent les Pumas argentins le 30. Sinon, pour l'éventuel 1/4 de finale - désormais le mot éventuel s'imposera pendant trois longues semaines - ce ne serait pas Saint-Denis face à l'Ecosse ou l'Italie, mais Cardiff contre... les All Blacks. Et là, ce serait une toute autre chanson !
Le Puma a dévoré le Coq. Le Coq doit maintenant se préparer à cueillir le Trèfle. Ce ne sera pas facile. En n'oubliant pas qu'aucun champion du monde précédent n'a jamais perdu un match de poule. Annoncé triomphant, le rugby français va-t-il sombrer ? Le coq arrivera-t-il à sortir de la poule ?
00:25 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rugby, coupe du monde, france-argentine


